Léon
Houyoux
Représenter moins le sujet que l’air qui l’enveloppe, la lumière qui le traverse.
Chronologie
illustrée.
Une traversée de l’œuvre par périodes, depuis l’Académie jusqu’au Rouge-Cloître, des œuvres de guerre aux timbres Houyoux.
Naissance, formation et Académie
Léon Jean Jacques Houyoux naît à Bruxelles le 24 novembre 1856. Il s’imprègne très tôt du contact avec la nature et attend l’âge de dix-neuf ans pour s’inscrire aux cours du soir de peinture à l’Académie de Bruxelles. Il suit ensuite l’enseignement de Jean François Portaels à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles entre 1877 et 1879, aux côtés de Fernand Khnopff, James Ensor et François Halkett. En 1878-1879, il se classe premier en peinture, devant Khnopff et Ensor.
Voyages et découvertes
Son parcours le conduit à Munich et à Paris en 1879, où il découvre l’impressionnisme qui influencera toute son œuvre. Il se perfectionne ensuite aux Pays-Bas, à Londres, en Écosse, à Dresde et à Berlin avant de s’établir définitivement à Bruxelles en 1885. Ces voyages nourrissent une attention aux atmosphères, aux paysages, aux lumières filtrantes et aux variations sensibles du motif.
L’Essor, Khnopff et reconnaissance parisienne
Léon débute au Salon Triennal de Bruxelles en 1881 et rejoint le cercle artistique L’Essor, où il expose jusqu’en 1888. Fernand Khnopff réalise pour sa maison une toile de plafond, La Peinture, la Musique et la Poésie, qui rejoindra finalement son atelier du Rouge-Cloître. En 1896, Léon devient membre de la Société Nationale des Beaux-Arts à Paris et remporte une médaille d’or pour un nu en plein air, Sous la Feuillée.
Expositions et installation au Rouge-Cloître
En 1904, il expose dans la section belge de l’Exposition universelle de Saint-Louis. En 1908, il participe à l’exposition internationale de beaux-arts à Bruges puis s’installe à Auderghem, au Rouge-Cloître. Pendant plus de vingt ans, il occupe la maisonnette à toit rouge en face du Centre d’Art et peint la forêt de Soignes avec une technique faite de touches vaporeuses et luministes.
Guerre et secours
Durant la Première Guerre mondiale, Léon peint Secours d’hiver, œuvre conservée dans la salle du Conseil de la maison communale d’Auderghem. Elle représente un épisode de ravitaillement par l’American Commission for Relief in Belgium sous l’occupation allemande. Faute de toiles, il peint aussi sur des sacs de farine reçus à l’occasion de ces dons.
Les timbres Houyoux
En 1922, la poste belge émet la série de timbres Houyoux à l’effigie du roi Albert Ier, dessinée par Léon. Le premier timbre est émis le 21 juillet 1922. Ce type reste en circulation jusqu’en 1930, avant d’être remplacé par un lion héraldique. En 1927 paraît également une carte postale Houyoux trilingue français, néerlandais et allemand.
Dernières années et mémoire
Léon Houyoux expose au Cercle Artistique et Littéraire jusqu’en 1936. Il meurt le 10 octobre 1940 au Rouge-Cloître et est inhumé au cimetière d’Auderghem. Son œuvre, souvent qualifiée de luministe, garde une approche contemplative du paysage et des tonalités intimes, douces et graciles. Ses nus et portraits mettent en valeur l’intensité des couleurs, des contrastes et de la lumière plus encore que les sujets eux-mêmes.



























